Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 11:59

Comme un sacerdoce laïque, Raphaël a compris l'importance du devoir de mémoire. Dans l'espoir d'apporter sa pierre au changement de notre société, il consacre sa vie à son prochain, en transmettant aux générations nouvelles ce qui s'est passé, avant. Parce qu'un peuple qui oublie son histoire est voué à répéter les mêmes erreurs.

Mais la foi tient aussi une part importante dans sa vie. Présent aux JMJ de Madrid en août dernier, il a accepté de partager son expérience avec les lecteurs de la Bulle de Mimine.

A l'heure où tout le monde ne parle que de laïcité peut être la solution pour un monde meilleur réside là, dans la foi que nous pouvons avoir en notre prochain, en notre capacité à être meilleur...

 

Peux tu te présenter en quelques mots?

 

Je suis né le 25 octobre 1981 à Clermont-Ferrand, fils et petit-fils d'enseignant par ma mère, fils et petit fils d'Italiens par mon père. J'y ai vécu jusqu'à 18 ans.

ENS Ulm* à Paris, chercheur en Histoire, ma passion de toujours, et célibataire à contre-coeur.

 

(ENS Ulm → École Normale Supérieur rue d'Ulm à Paris ndlr)

 

wahou! Chercheur en Histoire? Quelle est ta période de prédilection?

 

La deuxième guerre mondiale, comme tout le monde! Mais ma curiosité s'étend aux autres époques, dans mes loisirs...

 

Zut moi qui pensait que l'Antiquité faisait l'unanimité... Quoique c'est un domaine tellement riche qu'il y a de quoi satisfaire tout le monde si tant est qu'on s'y intéresse. La deuxième guerre mondiale est quand même une période sombre, qu'est ce qui motive ton intérêt?

 

Pas d'inquiétude, j'aime bien aussi les Grecs et les Romains, et j'ai suivi des cours sur la Mésopotamie jadis, etc. Mais je n'ai jamais envisagé d'être archéologue ou de déchiffrer des inscriptions antiques... Pas assez bon en latin pour ça non plus...

 

L'intérêt pour la Seconde Guerre Mondiale? L'ampleur incroyable du conflit, où on s'est battu partout, jusque sous les mers ou sur les plus petits atolls du Pacifique. L'enjeu moral immense, le désir et le devoir moral de savoir - je me sens parfois responsable de connaître le moindre lieu de massacre ou la moindre souffrance, comme si j'étais le seul à pouvoir faire exister encore, en pensant à eux, de nombreuses victimes oubliés.

La profonde admiration pour la Résistance, comme si on n'avait jamais rien inventé de plus beau de notre histoire.

La nécessité de faire connaître à chacun, partout, la Shoah (sans oublier d'ailleurs les autres crimes de masse nazis et japonais, de nature différente mais horrible).

 

Comme un missionnaire ne peut avoir de repos tant qu'il n'a pas annoncé partout la Bonne Nouvelle qu'il a eu la joie d'entendre, je me sens quelque part porteur de la Mauvaise Nouvelle, qu'il faut faire connaître partout. Mais tout cela sont des réflexions que je ne me faisais pas forcément à l'âge de dix ans quand la Résistance et la guerre ont été à l'origine de mon amour pour l'Histoire. C'était tellement évident que c'était passionnant en soi que je ne me suis pas plus interrogé qu'un amoureux ne s'interroge rationnellement sur les raisons du coup de foudre pour la femme de sa vie. D'une certaine façon (et sans aimer la guerre !) je suis marié à l'histoire... Clio est la seule compagne qui ne m'ait jamais trahi ni refusé ni fait souffrir !

 

Je comprends tout à fait.

En parlant de Shoah, on dit que le mot est interdit d'usage dans les livres d'histoire …

 

Ce qui est faux ! J'ai lu un article de Lanzmann, dans Le Monde, qui s'inquiétait d'une circulaire recommandant d'utiliser d'autres mots (il n'est pas question de ne plus enseigner la chose, qui reste centrale), mais un ami m'a démontré que son information était fausse...

 

Toujours concernant cette période, certains ne peuvent s'empêcher de faire un parallèle entre les dérives sécuritaires du gouvernement actuel et la France de Vichy. Cette comparaison est justifiée ou exagérée selon toi?

 

Par définition, comparé à la Shoah, tout doit être relativisé ou minimisé : même le Rwanda ou le Cambodge n'atteignent pas la spécificité unique de ce génocide industriel et bureaucratique ! Mais s'il faut attendre que tout soit aussi grave que sous Vichy pour s'"indigner de choses scandaleuses, alors ça ne sert à rien de répéter partout qu'il faut "être vigilent" "pour éviter que ça ne se reproduise" : par définition, ce genre de phénomène est trop unique et sa répétition telle quelle est improbable, surtout dans le contexte européen actuel ! Donc si on veut que la mémoire serve quand même à quelque chose, oui c'est légitime de faire des rapprochements, de souligner que certaines choses rappellent des événements sinistres. L'amalgame est illégitime, pas la comparaison ou la réminiscence... D'ailleurs, en 1942, personne ne protestait contre les envois de Juifs à la chambre à gaz, puisque sauf exception on ignorait leur existence : Justes des Nations, résistants, hommes d’Église protestaient contre cette façon de traiter des êtres humaines, contre la brutalité des arrestations et de l'internement... puis de "l'éloignement" du territoire... Par ailleurs, en écoutant parfois ceux de ses conseillers qui lui disaient que la France ne devaient pas se repentir de quoi que ce soit et que c'était un beau pays qui n'avait rien à se reprocher, Sarkozy a quand même risqué d'effacer les conséquences de la reconnaissance de la responsabilité de l’État français, par Chirac, en 1995...

 

Ce sujet est tellement vaste et intéressant que nous pourrions en discuter des heures. J'aimerais quand même revenir sur cette comparaison, sur le "plus jamais ça". Certes, une horreur telle que la Shoah est impensable aujourd'hui, pourtant d'autre éléments ont été mis en avant dans la presse, notamment par Alain Duhammel dans une de ces chroniques pour le Point, concernant la percée inquiétante de la droite populaire en Europe, ce qui fait écho à la montée du fascisme qu'a connue le vieux continent à la veille du conflit. Tu évoque le devoir de mémoire, pense tu que l'Europe et en particulier la France n'a pas de mémoire? (Les français ne sont pas réputé pour connaître leur histoire...)

 

C'est très exagéré : au contraire, c'est un des pays où l'Histoire est une vraie passion nationale : Michelet, Lavisse "l'instituteur national", les innombrables émissions historiques aux présentateurs plus ou moins de qualité (Alain Decaux n'est pas Marc Ferro qui heureusement pour lui n'est pas Stéphane Bern), la revue L’Histoire et bien d'autres en kiosque, les docu-fictions historiques à la télé... Et je me rappelle comment avec mes amis de lycée nous débattions de Vichy ou du communisme dans la queue de la cantine ! Et il en faut peu parfois pour qu'au cours d'une conversation, on en vienne à parler de Napoléon ou de Pétain...

Par contre, bien sûr, la connaissance n'est pas toujours bien digérée ni approfondie. Tous ne font pas le tri et retiennent vaguement ce qu'ils entendent ça et là, sans plus. Beaucoup d'idées reçues ou schématiques circulent, et j'entends couramment autour de moi des approximations ou des reprises de trucs un peu éculés : "Les soldats de 14-18, on les saoulait avant qu'ils montent à l'assaut", "les Français étaient tous pour Pétain en 40 et pour de Gaulle en 44", "La Révolution a fait un génocide en Vendée", "les communistes, en 40, ils se sont adressés aux Allemands pour faire reparaître l'Humanité", "Hitler avait un grand-père juif et a été élu démocratiquement", et je ne cite que les plus récents que j'aie entendus ! 

Notre travail est donc de rectifier et d'approfondir, au-delà des clichés et des approximations. Nos propres connaissances, nous les remettons en cause ou les approfondissons tout le temps. Évidemment, tout le monde ne prend pas plaisir à se faire reprendre et à voir ses clichés remis en cause. Parfois, je me heurte à des personnes têtues, qui supportent mal et adoptent une attitude de fermeture : "tu crois avoir la vérité absolue", "j'ai le droit d'avoir mon opinion", "les historiens de toute façon ne sont pas objectifs et l'historie est écrite par les vainqueurs", "si c'est vrai puisque je l'ai lu"... Alors que je leur parle de faits avérés et de conclusions largement reconnues par la communauté des historiens les plus éprouvés. Mais quand on ne veut pas savoir...

 

Effectivement il y a toujours, sur chaque sujet, des "irréductibles". J'ai eu récemment affaire à un de ces énergumènes concernant l'allaitement : un de ceux qui, comme tu les définis très bien, confondent une opinion et un fait avéré. J'ai cru comprendre que tu donnais des cours également, quel accueil les jeunes font il a ta matière?

J'ai surtout eu affaire à des étudiants, qui souvent ne disaient rien de précis : ils notaient en silence, participaient peu... Mais je savais par d'autres sources qu'ils étaient contents. Et puis, je mets de la vie et de l'humour dans mes récits !

Au collège et au lycée, c'est différent. ça dépend vraiment des individus. Dans l'ensemble, je n'ai pas senti toutefois un rejet de la matière, même si des chapitres étaient plus demandés que d'autres (la Grèce, Rome ou la dernière guerre fascinent plus que d'autres périodes !). Je n'aime pas beaucoup les programmes actuels du secondaire et malgré certains progrès, ils sont inférieurs par d'autres côtés à ceux que j'avais jadis... Mais bon, si on m'écoutait, il y aurait 30 heures d'histoire par semaine 

 

Concernant l'enseignement de l'Histoire dans le secondaire, on parlais a un moment de mettre la matière en option. Info ou Intox?

 

Info : elle est passée en optionnel en Terminale Scientifique, mais le programme de Terminale et de Première se traitent désormais en une seule année, en Première, avec épreuve d'Histoire-Géo anticipée à la fin de l'année, comme pour le Français. Une folie à mon sens...Je vois mal comment traiter le monde de 1945 à nos jours en un an, alors 1914-1991 en un an... sauf à ce que ça devienne du gruyère !

 

Non sens effectivement. J'ai l'impression, que le productivisme est à l'honneur, même dans l'éducation national. A croire qu'il y a des matières importantes et d'autres non. Cela dit, plus on avance dans le temps, plus l'Histoire devient longue, pour autant n'y aura t'il pas des répercussions sur la population à force de trop vouloir taillader ainsi l'enseignement?

 

J'en ai peur. Mais qui vivra verra...

 

J'ai lu récemment un témoignage d'une instit' qui disait qu'au début de sa carrière elle voyait le métier comme un sacerdoce, maintenant elle évite de trop s'investir pour ne pas faire de dépression... L'enseignement est une vocation selon toi?

 

Oui, je l'ai toujours vécu comme cela, de même que la recherche. Au sens fort du mot. Mais je n'ai pas tellement aimé mon passage au collège (davantage celui en lycée) car j'ai du mal avec un niveau où la gestion de classe, l'autorité, la pédagogie (la façon de transmettre) a plus d'importance que le contenu de ce qu'on transmet (à mon sens primordial) et où il y a quand même un certain encadrement qui fait souffrir d'un relatif manque de liberté (programmes assez précis, examens à préparer, inspections à redouter...). Je me sens plus à l'aise et plus libre dans le supérieur. J'aurais peut-être réagi comme cette institutrice si j'étais resté davantage dans le secondaire.

 

Comment prépare tu ta rentrée?

 

A ma table, en lisant et en relisant, et en échafaudant mon plan au fur et à mesure... Mais puisque je reviens dans le supérieur, je suis moins tenu à lire des programmes officiels ou moins hanté par l'idée que ça ne correspondrait pas aux instructions, aux sujets du bac, etc. Je suis davantage libre.

 

Donc pas trop angoissé?!

 

Non

 

Le terme sacerdoce fait écho à un événement de cet été, les JMJ. Tu y a participé? Comment ça s'est passé?

 

Bien. c'était ma 1ere participation, il était temps. C'est extraordinaire cette foule, cette fête immense. C'était bien de faire ça dans un beau pays, avec des co pèlerins d'une très grande douceur, des religieux accompagnateurs intelligents, cultivés et fins... Et puis voir le pape reste un événement. Sans être d'accord sur tout avec la parole officielle , c'est un moment de fête qui fait oublier les soucis et redonne envie de vivre mieux sa foi et sa vie au quotidien...

 

Qu'est ce que les JMJ? En quoi est ce un événement important dans la vie d'un jeune catholique?

 

Ce sont les Journées Mondiales de la Jeunesse, créées par Jean-Paul II en 1984, ouvertes aux adolescents et aux jeunes adultes jusqu'à l'âge de 35 ans. Elles se tiennent tous les deux ou trois ans dans une ville différente, en général en changeant de continent, un peu comme les Jeux Olympiques.

 

Leur importance vient de la présence du Pape en personne, de ce qu'il s'agit des plus grands rassemblements catholiques imaginables (et de quelques uns des plus grands rassemblements jamais observés dans l'Histoire), de ce que tous les pays du monde y sont représentés.

 

C'est en voyant ces centaines de drapeaux qu'on comprend ce qu'est l'universalisme de la foi et de l’Église catholiques... sans vouloir offenser les autres Églises chrétiennes, il est évident que ce serait impossible à organiser par les innombrables groupes protestants assez divisés, ou par l’Église anglicane étroitement confinée au monde anglo-saxon, ou par les patriarcats orthodoxes autocéphales et assez nationalistes. 

On peut y partager sa foi avec quantité de jeunes de son âge, sans avoir peur ou honte de dire qu'on est croyant. On peut y recevoir des enseignements de qualité , il y a des centaines d'évêques et d'aumôniers présents, on y rencontre des témoins de la foi, des spectacles et des manifestations diverses sont organisés.

C'est surtout une immense fête : il fallait voir les groupes crier, chanter, danser à Madrid... Certains parlaient d'un "Woodstock catholique", et au fond, l'expression n'était pas si mal trouvée ! D'autres parlaient d'une "Catho Pride", ce qui n'était pas inapproprié non plus !

Bien sûr, tout le monde ne va pas aux JMJ, et ça n'a d'ailleurs aucun caractère obligatoire, ce n'est pas le pèlerinage de La Mecque ! J'ai laissé passer plusieurs fois l'occasion d'y aller, pour des raisons diverses et variées, mais cette fois, je ne l'ai pas manquée... et je suis partant pour renouveler l'expérience à Rio en 2013 !

 

Où te situes tu concernant la foi?

 

Question fort personnelle... Je ne l'ai jamais perdue. J'essaie de l'approfondir, mais c'est long et lent, de longue haleine, jamais terminé. Les questionnements sont permanents. Mais le plus dur, c'est de vivre les commandements de la foi dans la vie de tous les jours, et je ne crois pas être très exemplaire en la matière... J'envie la véritable sainteté que dégagent nombre de mes amis très croyants. Je n'aime pas bcp leurs prises de positions souvent trop conservatrices, mais j'aime leur sourire, leur patience, leur ferveur, en un mot leur témoignage. Je ne sais si je suis bon témoin moi-même, mais il y a des modèles.

Je comprends sinon que certains n'aient pas la foi, mais je n'aime pas quand ça tourne à la fermeture d'esprit et à l'hostilité, ou à la moquerie. Je préfère les non-croyants qui sont respectueux et ouverts à la foi des autres...

 

Fais tu allusion aux manifestants anti JMJ et aux pro laïque?

 

Non. Je pensais plutôt à mes rencontres, et même à des membres de ma famille. La manif en question, je suis passé en plein dedans un soir avec un frère en habit monastique, et ils ne nous ont pas jeté un regard noir, pas dit un mot. Ce n'est que le lendemain que j'ai appris que quelques heures après, sur une place voisine, il y avait eu des incidents. Je regrette que la police ait été violente. Je comprends en partie certaines revendications (comme celle en faveur du maintien du mariage gay, celle en faveur de la laïcité, ou que le coût des JMJ ait pu irriter). Mais parler de Benoît XVI comme d'un "nazi" ou du Vatican comme d'un "Guantanamo mental", et toujours ressortir les affaires de pédophilie comme si toute l'Eglise contemporaine se réduisait à cela (alors que Benoît XVI a multiplié les mesures et les repentances à ce sujet...), ça me paraît à la fois excessif, injuste, peu respectueux, bref très triste comme attitude... De même, ne retenir que ces incidents des JMJ serait disproportionné, ça reste un épiphénomène... De même, que des amis ayant suivi les JMJ à la télé n'en ait retenu que les plaintes de certains Madrilènes qui nous reprochaient d'avoir un passe gratuit alors que le ticket de métro venait de leur être augmenté, ça me paraît passer à côté de l'essentiel de l'événement ! Nous étions 2 millions, et eux qq milliers. Qu'on parle d'eux est normal, mais pas besoin d'oublier les deux millions en question !

 

Pendant le mois du Ramadan certains ont reprocher à la presse de "trop" parler de l'Islam et de cet événement important dans la vie des musulmans. Penses tu qu'on aurait du plus parler des Catholiques lors des JMJ, de la foi etc?

Il peut être normal qu'on parle beaucoup de l'islam au sens où c'est une religion d'implantation récente, donc qu'il faut faire connaître et comprendre aux gens, au sens aussi où cela aide à lutter contre l'islamophobie et à accélérer l'intégration des musulmans en France. 

On pourrait toutefois parler plus souvent du christianisme, car la méconnaissance de beaucoup est considérable. Je n'étais pas en France pour juger de la couverture médiatique des JMJ. Je sais juste que beaucoup de mes amis et parents ont d'abord retenu la manifestation laïque ou les protestations contre la gratuité du métro pour les pèlerins : ça m'a un peu peiné, car sans vouloir censurer ces sujets ni discuter de la légitimité des positions, ce n'est quand même pas l'essentiel à retenir du rassemblement de 2 millions de personnes, le plus vaste de l'histoire de l'Espagne catholique ! 

D'autre part, le jour de notre retour à Paris, j'ai acheté la presse : mes camarades pèlerins, certes de droite donc ne partageant guère ma sympathie pour Libération, ont été outré que celui-ci ne consacre pas un article à la clôture des JMJ, au contraire des autres journaux. Il n'y avait qu'une photo à la légende satirique à propos de religieux et religieuses défilant pour recevoir la communion des mains du pape... Un peu gêné car j'aime bien Libé, je devais admettre que le journal avait quand même eu tort, et aurait du au moins publier un article complet, même critique. 


Le Catholicisme est une religion très controversé, notamment comme tu le dis toi même, en raison des positions du Pape sur certains sujets de société. Selon toi, quelle est la meilleur position à adopter pour un catholique du XXIème siècle? Entre laïcité et foi comment trouver le juste milieu?

Pas simple pour moi qui suis d'un milieu laïc et partagé entre les deux "camps" ! 

Je ne suis pas hostile au mariage gay, ni au droit à l'IVG, même si je préfère qu'il soit utilisé le moins souvent possible (dans un monde parfait, l'IVG serait légal partout, mais personne n'aurait jamais besoin d'y recourir...). 

Pour le divorce, je n'imagine évidemment pas l’Église l'autoriser, mais je préfère les postures de compassion vis-à-vis de ceux et celles qui souffrent du divorce, plutôt que de condamnation (heureusement, chez beaucoup de prêtres, religieux et religieuses, j'ai d'abord trouvé cette compassion, sans un mot de critique des personnes...). Je ne suis pas sûr qu'interdire de communion les divorcés-remariés soit vraiment indispensable... mais je ne suis pas théologien ! 

Au fond, j'aime assez bien la posture de l’Église anglicane, qui n'hésite pas à ordonner des femmes ou des homosexuels, et même à prononcer une bénédiction lors du mariage de deux prêtres homosexuels... ça me paraît une avancée vers la tolérance et l"égalité... J'aimerais bien qu'il y ait plus de catholiques pratiquants à approuver ce genre d'évolutions, mais ce n'est pas demain la veille... 

Concernant ta foi, tu me parles de modèles. Religieux ou laïcs qui sont ces personnes qui t'inspirent?

Il y a des personnes que j'ai rencontrées au cours de ma vie, dont certaines ont eu la vocation religieuse, et qui m'impressionnent beaucoup par leur douceur, leur ferveur, leur charité, en un mot une authentique sainteté... 

Par ailleurs bien sûr, comme historien, je ne manque pas de personnages vivants ou défunts, dont je juge que l'existence, le discours et l’œuvre nous empêchent de désespérer complètement. Mais ce serait trop long et trop compliqué de citer des noms et de justifier chaque fois pourquoi ceux-là.

Pour finir notre entretien, as tu quelque chose à déclarer? Un petit mots pour les lecteurs ?

rien de particulier à déclarer pour ma défense : ce sont des confidences faîtes en toute franchise, parce que je n'ai rien à cacher, mais sans volonté non plus d'indiscrétion ! Merci donc d'avance de ne pas les répéter partout !

 

 

Merci d'avoir bien voulu répondre à mes questions !

 

Merci de cette belle expérience ! A très bientôt !

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by la bulle de Mimine - dans L'interview de la semaine
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : la bulle de Mimine
  •  la bulle de Mimine
  • : A l'abris dans ma bulle, j'observe. De coups de gueule en coups de coeur, je vous en fait voir de toutes les couleurs... Une autre vision du monde? je vous propose la mienne :)
  • Contact

Ayez la bull'attitude!

facebook-256-256.jpg                        Suivez-moi sur Hellocoton   Image d’aperçu

Citation

"L'absurde naît de cette confrontation entre l'appel humain

et le silence déraisonnable du monde "

Albert Camus 

Ce qu'on dit de la Bulle ^^

Pincez-moi ! Est-ce un rêve ? Un songe ? Une hallucination ?

Mimine a réussi a réunir en un seul blog (La Bulle de Mimine )

tous les ingrédients nécessaires au plaisir de l internaute.

Où donc Mimine et son esprit brillant ont-ils

dégotté la formule magique du web ?

Hélàs, je l ignore. Mais une chose est sûre :

je retournerai souvent sur La Bulle de Mimine , du bonheur en pixels.

 

Signé : LisaBuzz