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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 08:00

« Une fois les corps emmenés par le Samu, sur le sol restent quatre douilles et deux flaques de sang dans lesquelles baigne un cartable rose Barbie. » (source Libération.fr)

 

Cette image dans ma tête, comme une photo en noir et blanc où seul le rose du cartable ressort, me fait penser à la petite fille au manteau rouge. Ce film, la Liste de Schindler, est certainement le film le plus effroyable qu'il ne m'a jamais été donné de voir. Pourtant, ça doit être mon côté un peu maso, ce film je l'ai vu un bon nombre de fois. Et ma réaction est toujours la même : pendant près d'une semaine, cette petite fille hante mes rêves. Je me réveille en sueur la nuit, je pleure le jour et l'appétit se fait la malle.

 

Comme une enfant naïve qui découvre la cruauté du monde je ne cesse de m’interroger : « Comment des êtres humains ont ils pu faire ça ? Comment est ce possible que cela soit réellement arrivé ? »

J'ai pourtant comme tout le monde appris ma leçon, lu dans les livres des témoignages de ceux qui en sont revenus , de ceux qui ont vu... Mais rien n'y fait, je n'arrive pas... Et ce film, j'aimerais qu'il ne soit qu'un film... j'aurais préféré... Un peu comme quand on dit à un enfant pour le rassurer «  ce n'est qu'un film, en vrai ça n'existe pas »

 

Ce soir, j'ai partagé le repas en famille.

Comme tous les soirs, j'ai ri, j'ai couru après ma fille pour lui mettre son pyjama. Puis, je l'ai bordée, couverte de baiser et plus tard je suis allée voir si elle dormait...

Et, comme tous les soirs, avant d'aller me coucher, j'irai la voir encore une fois et je lui déposerai un baiser sur le front...

Demain matin, elle sera là...

 

Plus que d'habitude, aujourd'hui, j'ai savouré ces instants en famille. J'ai respiré le parfum de ma fille, j'ai dévoré mon homme du regard. Quand j'aurai fini cet article j'irai me couché, je rejoindrai mon homme dans notre lit et je le serrerai contre moi. Je ne m'endormirai pas seule...

Demain matin quand j'ouvrirai les yeux, il sera là... Il me tendra une tasse de thé et m'embrassera avant de partir travailler. Je lui dirai que je l'aime et il me dira, sur le pas de la porte : «  A ce soir, fais attention à toi ».

 

Sous le choc... A genoux … Il y a dans l'actualité de ce début de semaine ce sentiment d'incompréhension, cette tristesse. J'en reviens à mon film et je repose ma question : Comment est ce possible ?

 

D'abord ces militaires revenus sains et saufs d'un conflit qui, au final, ne les concerne pas, tombés chez eux. Pourquoi ? Parce qu'ils étaient black ou maghrébins ? Parce qu'ils s'appelaient Mohamed ou Abel?

Et puis l'horreur... des enfants dans une école... juste pour une étoile !

 

Ce soir, je pense à mes copines Nath et Mélo, dont les maris servent sous les drapeaux, qui tremblent à chaque absence... Ce soir je pense à mes amis juifs qui, demain matin, auront du mal à cacher leur peur en laissant leur enfants partir pour l'école...

Mais plus que tout, mon cœur et mes pensées vont à Toulouse et à Montauban.

Je pense à la maman de Myriam et à son papa, qui a vu sa fille mourir dans ses bras...

Mon cœur saigne pour la maman d'Arieh et Gabriel : d'un seul coup on lui a pris 3 vies. Cette femme qui ce matin a embrassé son mari et ses enfants, ne les reverra jamais...

Et puis les familles de ces 4 militaires qui ont tremblé jusqu'à leur retour en France, pour les voir se faire abattre comme ça...

 

Toute la journée je me suis demandée «  qu'est ce que je peux faire pour ces gens ? Qu'est ce qu'il faut faire ? »

 

La réponse c'est mon cœur qui me l'a donné : «  Continuer »

 

Continuer d'élever ma fille dans la tolérance et le partage.

Continuer à me battre contre cette gangrène en refusant le repli sur soi.

Continuer à vivre !

 

Ce soir j'ai partagé le repas avec les miens, et pour ces instants si précieux passés et pour tous ceux à venir je dis MERCI.

 

 

 

 

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 08:00

 

Quand un proche meurt, il y a toujours, dans les semaines ou les mois qui suivent, un moment où on ressent réellement le vide en soi. Alors on ferme les yeux, on cherche en vain un souvenir, on fouille notre mémoire pour se rappeler sa voix, la douceur de sa peau... Hélas ! Tout ce que l'on trouve c'est un vide encore plus grand, toujours plus grand. On voit une scène familière, comme un repas dominicale où tout le monde est réuni... On fait le tour de la table, identifiant clairement chaque visage, et on arrive à sa place. Là, au lieu de voir cette personne qui nous manque, il y a une chaise... vide.

 

La première chose que l'on oublie c'est la voix. Ce qui est paradoxale quand il s'agit de sa mère, puisque c'est la première chose que l'on entend et à la naissance, la première chose qu'on reconnaît.

Quelques jours avant que ma mère ne fasse son malaise, elle m'avait laissé un message sur le répondeur de mon mobile. J'avais oublié de l'effacer, par conséquent, à chaque fois que je consultais mes messages j'entendais ma mère.

A sa mort, je l'avais toujours sur mon répondeur, puisque la boite vocale conserve les messages 15 jours. Je vous avouerais que je l'ai écouté un bon nombre de fois, me raccrochant à ça, à ce petit bout d'elle sur un répondeur... Le jour de ses funérailles, le message a été automatiquement effacé et j'ai « oublié » sa voix.

 

Ensuite c'est l'image qui se brouille un peu plus chaque jour, pour ne plus laisser qu'une silhouette vague entre le flou et le contre-jour. Un peu comme si notre cerveau tentait de gommer les traits des personnes qui sortent de notre vie...

Pour trouver une explication à ce phénomène, il faut que je me replonge dans mes souvenirs de lycéenne pour retrouver quelques notions freudiennes parlant d'un reflex de survie. Il est vrai que si nous pouvions nous souvenir distinctement de chaque instant vécu, notre disque dur saturerait très vite... Il ferait donc le tri entre les souvenirs utiles au présent et les autres.

Mais pas que : il paraît que notre mémoire archive automatiquement les souvenirs douloureux. Une aubaine pour qui a envie de garder une autre image de sa mère que celle d'une femme allongée sur son lit de mort.

 

Pour combler ce trou béant de la mémoire, restent les photos, les vidéos aussi. Le dernier dimanche, une semaine après avoir vu ma mère pour la dernière fois, j'avais décidé de ne pas me rendre à l’hôpital. Ce jour là, j'avais ressentie le besoin de m'éloigner de ce qui était depuis quelques jours mon quotidien et de rester en famille, avec mon homme et ma fille. A ce moment là, je pensais que ça me ferait du bien, pourtant cette journée fut de loin la plus éprouvante. Était ce parce que, la veille, en quittant l’hôpital, je lui avais dit : « a demain » (m'avait elle seulement entendu?) ? Etait ce parce que j'avais compris que ma mère ne se réveillerait jamais ?

Toujours est il que ce jour là, j'étais vraiment mal. Et pour tenter de remettre mon éternel optimisme sur pied, j'entrepris de trier mes photos et de faire un mur d'image dans le salon. N'allez pas par là comprendre que j'ai fais de mon salon un mausolée dédiée à la mémoire de ma mère: j'ai surtout affiché des photos de ma fille, de mon homme !

Rosibulle, voyant le sol se recouvrir d'image sur papier glacé, en saisi une au vol : une photo d'elle et de sa grand mère, celle de leur première rencontre, le jour de sa naissance. A la demande de la louloute, je l'ai accroché dans sa chambre, entre la photo du chat et celle de son père.

Évidemment, trier des photos ne soigne pas la douleur et il faudra du temps pour que l'absence cesse d'être oppressante. La douleur ne part jamais, le manque ne se comble pas, ceux qui disent le contraire mentent : on s'habitue, on accepte avec résignation mais des années après, le malaise est toujours intacte car la personne nous manquera toujours.

 

Quand ma mère est morte, j'ai pris ma fille dans mes bras et je lui ai dit : «  Tu sais mon cœur, quand j'ai su que tu étais dans mon ventre, ton papa et moi on est allé le dire à mamie. Quand on est arrivé dans sa maison, elle était entrain de faire la cuisine, elle était tellement contente de savoir qu'elle allait bientôt te rencontrer qu'elle a sauté dans la cuisine et a failli renverser la casserole qu'elle avait dans la main. Elle sautait dans la cuisine en criant « youpi youpi ». J'aimerais que tu gardes ça au fond de ton cœur, la certitude que ta mamie t'aime très fort et qu'elle a été très heureuse de te connaître. Aujourd'hui elle part dans les étoiles, mais elle sera toujours là, dans ton cœur et de là haut sur son étoile qui brille dans le ciel, elle veillera toujours sur toi »

 

Je sais qu'il est très peu probable que Rosibulle se souvienne de sa grand mère maternelle. Mais c'est cette image que je voudrais qu'elle ait : celle d'une mamie fofolle qui dansait avec des casseroles quand elle était contente.

 

 

 

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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 08:00

Quand j'étais petite je voulais faire le tour du monde. C'était quelque chose qui me tenais tellement à cœur que, lorsqu'à chaque rentrée, on nous demandait de faire une petite fiche sur nous, nos loisirs, ce que nous voulions faire... j'entrais dans une dissertation sur le pourquoi du comment j'avais ce rêve. D'ailleurs ça a marqué une de mes institutrices de l'époque, puisque quand, bien plus tard je l'ai rencontré en faisant mes courses, elle me demanda : « Alors et ce tour du monde ? ».

 

Hélas (ou non), le tour du monde je ne l'ai pas fait, ou pas entièrement en tout cas. Par contre je suis allée plusieurs fois en Amérique du Sud.

 

L’Amérique du Sud... ça aussi c'était un rêve de gosse. Enfin l'Argentine pour être plus précise. J'avais commencé à m'y intéresser vers 13 ans, je ne pourrais pas expliquer les raisons de cet engouement, toujours est il que c'était là en moi : un jour j'irais là bas. J'ai commencé à collectionner les articles de presses s'y rapportant, j'empruntais à la bibliothèque de mon village des livres de voyages, guide du routard et autre carnet de route... Bref je collectais toutes les informations que je pouvais trouver sur ce pays (et le reste de l’Amérique Latine) que je consignais ensuite dans un petit cahier, que je dois encore avoir quelque part chez mes parents.

 

Au lycée, il était donc normal qu'en option je prenne comme troisième langue l'espagnol. C'est comme ça que j'ai rencontré Lex, un garçon sympa avec qui je passais plus de temps à bavarder qu'à suivre mes cours. Nous parlions de tout et de rien, enfin c'est surtout moi qui parlais en fait. Je me rappelle lui avoir raconter que si j'avais pris option espagnol c'est parce qu'après le bac je voulais partir en Amérique du Sud. Et lui ça le faisait bien marrer, il me charriait volontiers sur mon côté rêveuse et tête en l'air «  Toi en Amérique du Sud ? Mais tu vas te perdre sur le chemin de l'aéroport ! ». A ce moment là de l'histoire, j'ignorais que Lex étais franco-chilien, j'étais d'ailleurs persuadée qu'il était italien, roumain ou gitan... bref j'm'en foutais pas mal en fait je crois, parce qu'en dehors des fois où il se moquait gentillement de moi, il avait compris que c'était quelque chose qui me tenait à cœur et m'encourageait à y croire.

 

En avril 1999, Lex et moi sommes sortis ensemble. Je ne rentrais pas dans les détails de notre histoire, simplement il y a un fait à savoir : Lex et moi c'était du grand n'importe quoi. On s'engueulait, on se rabibochait pour mieux s'engueuler... Et je pleurais, je pleurais beaucoup. Ma mère assistait impuissante à mes crises de nerfs, tentant par moment de me faire comprendre que ce garçon n'était pas fait pour moi, qu'il y en a d'autres...

 

Et puis l'été, il est parti au Chili, un mois. Quand il est revenu, il n'avait qu'une idée en tête: y retourner après le bac, avec moi. Quelques temps plus tard, nous cassions mes économies pour nous payer le billet d'avion. Quand je l'ai annoncé à ma mère, j'ai bien cru que j'allais la tuer...

 

Mais au fur et à mesure que notre relation évoluait, je me suis coupée de tous mes ami(e)s. Lex était quelqu'un de possessif et jaloux, il ne les aimait pas. Il disait qu'ils avaient une mauvais influence sur moi, que je méritais mieux. Pourtant depuis que j'étais avec lui, je ne travaillais plus en cours. J'étais devenue tellement distante qu'un jour ma prof principale convoqua mes parents pour qu'ils mettent fin à ma relation avec Lex.

C'est à ce moment là que les relations avec mes parents ont commencé vraiment à se dégrader Mon père était persuadé que je me droguais, et ma mère, qui avait facilement fait le rapprochement entre mon petit ami et mon attitude, ne manquait jamais une occasion de me faire savoir sa désapprobation. Je ne compte pas le nombre de dispute que j'ai eu avec eux à son sujet.

 

Je vous rassure tout de suite, je ne me droguais pas. En fait si, ma drogue c'était Lex. Car ce n'était pas de l'amour, c'était une sorte d'addiction malsaine qui m'avait complètement fait perdre pied... et loupé mon bac. Tout mon monde s'est écroulé le jour des résultats : mon amoureux allait partir sans moi, et surtout, je n'irais pas en Amérique du Sud ! A ce moment là, je n'ai pas compris que ce qui inquiétait mes parents c'était mon avenir: en un an j'avais flingué mon dossier scolaire !

 

Un temps je m'étais renseignée pour refaire mon année de terminale dans un lycée français à Santiago. Mais mes parents m'ayant confisqué mon billet d'avion, il m'était impossible de partir à la date prévue. Et puis à force de négociation, ma mère m'accompagna pour que je change la date de mon départ, initialement prévue en octobre, pour un départ en février, au moment de mon anniversaire.

 

Étant donné que c'était en pleine période scolaire, je décidai de ne pas partir et d'encore une fois décalé mon voyage. Chose qui surpris mon entourage, mais il faut avouer que du moment que Lex n'était plus là, j'avais pour un temps recouvré mes esprits. Je partirai donc en septembre.

 

Ma mère aurait préféré que je l'annule. Elle en était malade ! Je me rappelle l'avoir accuser d'être jalouse parce qu'elle, qui a toujours rêvé de voyager, n'avait quitter Strasbourg que pour aller dans le sud en vacances. Je ne comprenais pas que ce qui la rendait malade, c'est de se dire que sa fille allait partir à l'autre bout du monde et qu'elle avait peur. Tout comme je ne la comprenais pas quand elle me conseillait de quitter Lex, non pas parce qu'elle voulait me voir avec un fils de médecin mais simplement parce qu'il me rendait malheureuse.

 

Mon histoire avec Lex a duré 8 ans. Pendant ces huit ans, je n'ai cessé d'être en guerre quasi permanente avec mes parents et je suis partie 3 fois en Amérique Latine. J'ai même failli y rester si mon père, par une ruse dont il a le secret, n'avait pas réussi à me faire revenir.

 

Et un jour j'ai dit stop. Le chilien souhaitait que je l'accompagne pour un an là bas. Ce n'était pas l'envie de partir qui me manquait mais j'ai compris que notre histoire ne rimait à rien. Lui allait faire son stage de prof là bas, et moi ? Ici j'avais un travail et des projets, là bas je n'aurais encore une fois vécue qu'au travers des siens ! C'est comme ça qu'il est parti, parce que je lui ai dit non.

 

Un soir, j'ai rencontré Chewy, très vite ça a coller, on a emménagé ensemble et Rosibulle est arrivée.

Le matin du premier jour, quand je me suis retrouvée seule avec elle, dans notre chambre à la maternité, j'ai pleuré. Ce n'était pas des larmes de joies (pourtant j'étais heureuse) mais de l'angoisse : je me suis souvenue de ce que ma mère me disait et de ce que je lui ai fait endurer.

J'ai regardé ma fille et j'ai compris...

 

 

 

 

 

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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 08:00

Hier soir en rentrant de promenade, nous étions à vélo sur la piste cyclable, quand tout à coup Rosibulle, assise dans son petit siège sur le porte-bagage m'interpelle :

" Maman, Maman! T'as vu la Lune? Regarde elle est là la Lune!  

- Oui mon coeur j'ai vu, c'est demi-lune ce soir...

- Maman! Regarde la Lune! Elle est déssirée! s'écrit la bullette en panique

- Mais non elle est pas déchirée, c'est demi-lune. La lune est en partie cachée... Essayais-je de lui expliquer

- Non elle est déssirée! Regarde elle est là, elle est pas cachée! 

- Mais ma Rosibulle, elle peut pas être déchirée, elle est bien trop loin, qui veux tu qui l'ait déchiré? 

- Ben quelqu'un! Quelqu'un a déssiré MA Lune! Pourquoi il a fait ça? 

- La Lune est à personne ...

- Si elle est moi! c'est ma lune! 

- Non Rosibulle, la Lune est à personne, c'est comme le Soleil ou les étoiles... "

Et là je n'entends plus rien. Plusieurs fois je l'appelle, mais mademoiselle ne daigne pas répondre. Arrivées à un feu, je me retourne et là je vois ma fille, le visage renfrogné... 

"Veux voir mon papa! qu'elle déclare mécontente... 

- Tu vas le voir papa, on arrive à la maison. Tu en as marre d'être sur le vélo?

- Non! veux voir mon papa! Mon papa il va donner la Lune à Rosibulle... " 

Ca c'est dit... Maintenant Chewy est au parfum :) 

le-pere-et-sa-fille.jpg

 

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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 00:38

Quand j'ai rencontré Chewy, on était une bande de potes geek qui squattions le même cyber café. Nous avions nos petites habitudes,dont, entre autre, celle de manger dans l'un des nombreux kebab de la Grand'rue à Strasbourg. On aimait bien aller là bas pour plusieurs raisons : c'était bon, pas cher, et en sourtout le patron était super sympa. 

D'ailleurs beaucoup de Strasbourgeois, surtout les jeunes (étudiants ou non), aimaient cet endroit, qui pourtant ne payait pas de mine. En Alsace, on aime les endroits conviviaux, ça nous vient certainement de la culture et de la stub, cette pièce centrale de la maison traditionelle alsacienne qui, comme le salon aujourd'hui, était la pièce où l'on aimait se retrouvé en famille et entre amis pour discuter au chaud pendant les longues soirées d'hiver. 

Pour en revenir à notre petite tradition de geek, Chewy et moi nous l'avons fait perdurer bien après l'éclatement de notre petite bande. Fréquement nous y retournions pour y manger une pizza (ou l'emporter), et quand nous passions devant, le patron ne manquait jamais de nous saluer. D'aucun diront qu'il était juste très commerçant, moi je le trouvais super sympa : toujours le sourire, un petit mot gentil, même si il ne parlait pas bien le français et ne comprennait pas toujours ce que nous lui repondions. 

Pour la petite annecdocte quand il appris que j'étais enceinte, il m'a assuré que j'aurai une fille! Un peu devin le monsieur en plus :)

Seulement voilà, un jour que nous nous promenions, Rosibulle, Chewy et moi, nous sommes passé par la Grand'rue, pensant prendre à manger au Snack Bleu au passage avant de rentrer et là nous nous retrouvâmes devant porte close. C'était bien la première fois. Sur la devanture de l'échoppe, un papier d'huissier parlant de fermeture, et tout autour sur la porte, la vitrine, des tas de post it, de morceaux de papier collés... Autant de témoignage d'amitié et de soutien de la part des habitués de ce Kebab. J'aurai tellement aimé pouvoir partager avec vous ce que j'ai vu ce jour là, mais manque de bol je n'avais pas mon appareil photo avec moi... 

Nous, nous nous sommes imaginés beaucoup de choses, mais à notre avis le plus propable fut que l'aimable patron et sa famille se soient gentillement fait reconduire à la frontière... Et pourtant! 

Aujourd'hui je le croise dans le tram, quelle ne fut pas ma suprise! Il me raconta dans son yahourt franco-turc ce qui s'était passé, le litige avec le bailleur qui refusait d'effectuer les travaux que la municipalité demandait, les témoignages d'amitié qui ont fait pleurer sa femme, les Strasbourgeois qui ont écrit au maire et au préfet pour demander la réouverture du snack ... Il m'a annoncé qu'il allait réouvrir son commerce, même si sa femme, avec le recul n'est plus trop d'accord considérant la charge de travail, mais il y tient "quand on a une clientèle comme ça on lache pas!"

 

Comme quoi, les happy end c'est pas que dans les films!  

 

Du coup, je salive déjà en pensant à ses pizza! 

 

schtroumpfette-sent-fleur

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15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 14:18

Quand Chewy revient, j'ai le droit de déguster mon dernier McDeluxe de femme sans enfants. Puisque peut de temps après, la sage femme reviendra pour m'examiner, constatant que mon col ne s'ouvrait toujours pas, et après avoir consulter l'avis du gynéco de garde, elle m'installe dans une salle d'accouchement et m'explique qu'étant donner que les gélules ne fonctionnent pas, elle va me mettre sous perfusion.

 

Et là ça rigole plus ! Je me retrouve une nouvelle fois arnachée avec une perf' dans le bras et le monitoring autour du bidon ! La cerise sur la gâteau c'est cette apprentie sage femme qui essaie de me faire une prise de sang.

Cela faisait environs un quart d'heure que j'étais dans la salle d'accouchement, l'ocytocine en intra veineuse faisait déjà son effet. Enfin je ressentais autre chose que ces tiraillements, je découvrais ce que veut dire « avoir des contractions ». Et comme je ne peux rien faire comme tout le monde, il a fallu que je les ai dans le dos ! Impossible de trouver une position confortable afin de faire passer la douleur comme on nous l'apprend au cours de préparations à la naissance : j'avais envie de me mettre en boule, mais avec le monitoring je ne pouvais pas.

Constatant que l'engin m'handicapait plus qu'autre chose, la sage femme consentie à me détacher. C'est alors que l'apprentie fait son apparition. Mais qui est ce qui m'a foutu une nana pareille dans les patte !? Encore aujourd'hui j'en rigole.

Pauvre petite jeune, complètement stressée, qui répétait d'une voix monotone « inspirez, expirez », cherchant désespérément une de mes veines afin de me faire une prise de sang. Par trois fois elle s'y est reprise : « vous avez les veines qui roulent madame désolée j'ai du mal, si vous pouviez ne pas bouger »

« Ahaha ma cocotte comme si je pouvais encore décider quelque chose, ça se voit que c'est pas toi qui va accoucher » ai-je pensé. Je me souviens lui avoir proposé de me la faire moi même cette prise de sang, tellement elle s'y prenait comme un pied.

Au regard de l'intensité des contractions, on me propose la péridurale plusieurs fois. Je refuse systématiquement. On me propose alors de l'acupuncture car cela permettrait de faire basculer les douleurs devant et comme le dit la sage femme «  les contractions ventrales sont moins douloureuses et ça vous permettrait de trouver une position confortable pour faire passer la douleur ». OK ! Va pour l'acupuncture.

La douleur va crescendo et les contractions sont de plus en plus rapprochées, pourtant mon col ne s'ouvre toujours pas. Aux alentours de vingt deux heures, la sage femme m'informe qu'elle a fini son service et me présente celle qui prendra la relève. Elle s'appelle Marie Laure.

Marie Laure m'examine et me propose la péridurale, que je refuse encore une fois. Pourtant, quand les deux jeunes femmes quittent la pièce, je les interpelle : « Est ce que vous pensez que j'en ai vraiment besoin de cette péridurale ? »

Marie Laure ayant déjà quitté la pièce, c'est la première sage femme qui me répond avec un grand sourire : « Oh oui ! Et plutôt deux fois qu'une, vous n'y arriverez jamais sans »

Je cogite, je fatigue, et j'ai de plus en plus mal. Chewy me conseille d'appeler Marie Laure pour faire venir l’anesthésiste. La sage femme approuve ma décision, avec l'intensité des contractions et ma fatigue, si ça tarde trop, sans péridurale, accoucher sera pour moi mission impossible. L’anesthésiste arrive peu de temps après. Je ne me souviens plus de la tête qu'il avait mais je me rappelle l'avoir « draguer », quant à la péridurale, elle fait instantanément son effet. Quel soulagement ! « Vous allez pouvoir vous reposer un peu maintenant » qu'il me dit en sortant.

Marie Laure revient, avec l'interne de garde, elles m'examinent et répètent ce que l'anesthésiste m'a dit quelques minutes avant et remettent en place mon vieux copain le monitoring. Mais les contractions sont si forte que bébé gigote et les capteurs n'arrivent plus à mesurer son rythme cardiaque, du coup, on me place une sonde vaginal avec un petit capteur au bout que l'on pose sur la tête de la crevette. Il est minuit et des poussières.

      Mais la louloute n'aime pas qu'on lui mette des truc sur la tête (je le comprendrais quand j'essayerais de lui mettre ses premières barrettes dans les cheveux): en plus du bip bip et de la lumière de l'écran du nouveau monito., j'ai droit, toutes les cinq minutes, à un biiiiiiiiiiiip et quand j'ouvre les yeux je me prends en pleine figure un carré rouge qui clignote « Anomalie ! Attention ! Anomalie ». Bien évidemment à chaque fois, la sage femme, l'interne de garde ou les deux, débarque en fanfare, allumant toutes les lumières. Ce manège eut lieux trois ou quatre fois avant qu'une des deux ne se décide à couper le son et à tourner l'écran afin que je puisse quand même me reposer un peu.

 

Manque de bol, le sommeil est parti et je n'arrive plus à fermer l’œil. Quand enfin j'arrive à m'assoupir, voilà que les douleurs reviennent. On appelle. C'est l'interne qui vient, regarde le niveau de l'anesthésiant et me dit que c'est normal, qu'il n'y en a plus (ou presque), donc elle change la perf. et me demande de compter jusqu'à dix : « les douleurs vont disparaître. » déclare t'elle. Avant de s'en aller, elle vérifie l'ouverture du col et me ré affirme que ce n'est pas pour tout de suite. 

« rooh d'ici demain matin » me répond t'elle quand je m'informe du temps qu'il reste avant l'arrivée de bébé. Il est 3 heures du matin.

      Les douleurs s'estompent effectivement. Mais une demi heure après je recommence à avoir mal, alors mon homme rappelle. Cette fois c'est Marie Laure, la sage femme, qui vient. Elle regarde le niveau de l'anesthésiant, constate que la perf. est pleine et vérifie le col et là elle lève là tête et sourit. « Oh ben, ça y est, bébé est prêt à sortir ! Je vais aller chercher la gynéco je reviens ».

 

Quoi ? Mais on m'avait dit pas avant le matin ! Alors que je n'attendais que ça depuis près de 24h, je ne me sentais plus prête du tout. Je ne voulais plus qu'une chose : dormir !

Le plus difficile, quand on accouche sous péridurale, c'est de pousser. Je sentais les contractions, bien que la douleur était estompée par l'anesthésiant, mais je n'arrivais pas à localiser mon bas ventre. Du coup, je poussais dans le vide. J'avais froid et entre deux poussées je m'endormais, ce qui a bien failli faire perdre l'admirable sang froid dont à fait preuve chewy pendant ces longues minutes.

 

Il y avait dans l'autre salle, une femme dans la même situation que moi. Elle aussi était entrain de donner naissance à son bébé. Mais pour l'heure, elle me semblait plus s’entraîner pour le concours de la meilleur imitation de sirène de pompier. Elle hurlait tellement que ses cris me parvenaient aux oreilles. Je m'entends encore demander aux deux jeunes femmes qui m'assistaient de bien vouloir la faire taire parce que ses cris m'empêchaient de me concentrer.

      D'ailleurs en parlant de concentration, je me souviens avoir lancé un « fermez votre gueule » à l'adresse de la gynéco qui n'arrêtait pas de parler. Ce qui, je crois, à fait sourire Chewy car c'était la preuve que je reprenais mes esprits : même en plein accouchement, je ne supporte pas qu'on me dise ce que j'ai à faire.

 

La tête est passée. Frétillante d'impatience, je m’enquiers : « alors c'est une fille ou garçon ? » Ben oui, nous ne voulions pas savoir le sexe du bébé avant sa naissance. « Encore une poussée madame » me répond Marie Laure en souriant. Bébé est complètement dehors, je repose ma question. On ne me répond pas. Chewy coupe le cordon, et là c'est lui qui me dit « c'est Rose ! » Non pas la couleur, mais le prénom de bébé, si ça avait été un garçon, il m'aurait répondu "c'est Raphaël" (le prénom masculin que nous avions choisi) 

J'ai enfin mon bébé dans les bras. Je la couvre de baisers, mon cœur est sur le point d'exploser, je ne cesse de répéter « ma fille ! C'est ma fille ! Je t'aime mon bébé » (oui le mode gaga est livré avec le poupon...) On me demande si je compte allaiter. Euh ben oui quelle question ! Ce n'est pas une évidence pour tout le monde, mais pour moi s'en était une. On me la met au sein: elle gigotait tellement que j'avais peur qu'elle tombe.

Je la regarde et je dis à mon Homme (avec un H majuscule parce qu'il le vaut bien... mais chut faut pas lui dire, il risquerait de s'la péter après :) ) : "Elle a tes yeux."

 

Le reste n'est qu'amour, car c'est ainsi que commence la plus belle des histoires du genre : celle de Rosibulle et de sa maman.

 

 

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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 01:08

Une fois m'avoir administrée cette foutue gélule, la sage femme s'en va en déclarant «Maintenant ce n'est plus qu'une question de temps, d'ici ce soir vous aurez votre bébé dans les bras» Tu parles Charles!

 

 

Il est a peu près onze heure et demi midi, quand on m'administre ma première gélule. Je dis première parce que vous verrez par la suite que j'aurais droit à une seconde.

Ensuite on vient m'apporter le repas: je vous avouerais que je ne me souviens plus de ce que j'avais dans mon assiette. Quand je pense à un repas d’hôpital c'est forcément de la ratatouille, mais là en l’occurrence ça n'en était pas. Pour la petite anecdote, quand j'étais enfant, je me suis faite opérée des canaux lacrymaux et un de mes seuls souvenirs de mon séjour à l’hôpital, c'est justement la ratatouille qu'on nous avait servi un jour. Depuis, ce plat est resté dans mon esprit comme étant celui qu'on mange quand on est hospitalisé (et du coup, je suis pas une grande fan). Par contre, je me souviens n'y avoir quasiment pas touché, ce qui avait choqué la sage femme à son retour : «Mais vous n'avez pas faim? Faut manger, pour avoir des forces, parce qu'après vous n'aurez peut être plus le droit de manger avant la naissance de votre bébé. »

 

Je ressens quelques petits tiraillements dans le bas ventre. Optimiste de nature, je me dis que c'est bon signe. Ma tante, qui travaille là, passe me voir pendant sa pause. Ça me rassure de la voir, on se sent toujours moins paumé quand on voit des visages familiers. Puis c'est le retour de la sage femme, qui vient pour m'examiner et me remettre sous monitoring (oui forcément, je n'étais pas attachée pour manger).

Mon homme somnole sur le gros ballon qui sert normalement à soulager les femmes en plein travail. On me propose de prendre un bain, chose que je refuse pour d'obscures raisons dont je ne me souviens plus. Sans doute à cause de l'eczéma qui recouvrait une bonne partie de mon corps...

 

Me voilà à nouveau attachée à un lit d’hôpital, et dehors le soleil brille. Pour tuer le temps, je bouquine, je textote avec mon frangin et je chronomètre le temps entre deux réveils en sursaut de Chewy. Bah oui, à s'endormir affaler sur un gros ballon, on risque la chute. Pourtant malgré mon optimisme légendaire, je commence à brouiller du noir: le plus déprimant n'étant pas le magnifique soleil qui me nargue par la fenêtre, mais l'arrivée d'autres futures maman à la maternité.

En effet, mon après midi est rythmée par le son de la sonnette et les bruits de portes et de pas qui annoncent leur venue. Certaines gémissent si fort que j'assiste à leur accouchement et bien souvent le premier cri de leur bébé arrive à mes oreilles, alors que pour moi, rien ne se passe. Je reste là avec mes petits tiraillements dans le bas ventre, mon bouquin et mes textos, inexorablement arnachée au monitoring qui fait scratch scratch.

 

Pendant ce temps, à Melisey, mon beau père taille les haies de son jardin, espérant à chaque fois qu'il en a fini une, qu'a la prochaine le téléphone sonnera pour lui annoncer qu'il est grand père.

 

Il est au environs de seize heures, la sage femme revient une énième fois. Mais cette fois si c'est pour m'annoncer une bonne nouvelle : je vais être libérée ! Non elle ne me renvoie pas chez moi, ni ne m'annonce l'arrivée d'une cigogne sur le toit, apportant dans une lange mon bébé... Non non, rien de cela! le gynéco s'est simplement décidé à accepter de m'enlever le monitoring, pour que je puisse me promener un peu. J'ai pour consigne de ne pas trop m'éloigner et d'être de retour pour dix huit heures grand max. Mais avant ça, elle m'administre une nouvelle gélule d'ocytocine.

 

Tel Cendrillon apprenant qu'elle va pouvoir allé au bal, je saute du lit et m'engouffre dans le couloir, Chewy sur les talons, direction l'entrée de l'hôpital où j'avai repéré, le matin en arrivant, un distributeur de chocolat.

Je meurs de faim, je jette donc mon dévolu sur un paquet de MnM's dont je ne fais qu'une bouchée (je crois que je n'en ai même pas laisser à Chewy ).

 

Nous allons ensuite dehors : enfin je vais pouvoir profiter de ce soleil radieux. J'en profite pour appeler une copine que je devais voir le jour même pour l'informer de la situation. Elle est tout étonnée que je pense à m'excuser alors que je suis sur le point d'accoucher. Enfin sur le point d'accoucher c'est elle qui le dit...

 

Chewy et moi papotons de choses et d'autre, je vais bien, je n'ai vraiment pas l'impression que je vais accoucher, je ne ressens même plus de tiraillement. Mais Chewy n'aime pas le soleil, alors on rentre. La maternité étant au troisième étage, on décide de prendre l'ascenseur. Mais il tarde à venir, donc moi, toute pimpante je lui propose les escaliers , là j'ai de nouveau droit à son regard noir. J' argumente que ça ferait venir plus vite le bébé, donc il accepte de monter les trois étages à pied.

Arrivés en haut, nous arpentons les couloirs, mais fatiguée de mon ascension, je lui fais savoir que je vais retourner dans la chambre pour m'allonger un peu.

Lui décide d'aller chez Ronald, à 500mètres car son estomac crie famine.

Plus tard j'ai recommencé ma spectaculaire ascension, avec un peu plus de mal et toute seule... Inconscience quand tu nous tiens !

 

Quand Chewy revient, j'ai le droit de déguster mon dernier McDeluxe de femme sans enfants. Puisque peut de temps après, la sage femme reviendra pour m'examiner, constatant que mon col ne s'ouvrait toujours pas, et après avoir consulter l'avis du gynéco de garde, elle m'installe dans une salle d'accouchement et m'explique qu'étant donner que les gélules ne fonctionnent pas, elle va me mettre sous perfusion.

 

Bientôt le dénouement... Encore une semaine à attendre, patience ^^ 

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 23:10

redif du 17 aout 2011

 

Le 15 août c'était l'anniversaire de Rosibulle. A cette occasion j'ai eu envie de revenir sur mon accouchement. Mais ça fait maintenant 3 fois que je perds mon article, alors si vous lisez ce qui suit c'est que vous êtes chanceux et que mon obstination a eu raison des aléas de l'informatique.

 

 

Rosibulle est née à J+8. Elle faisait déjà la coquette dans le ventre de maman, se pomponnant tel une jeune première qui se prépare à faire son entrée sous les feux des projecteurs.

 

Cela faisait une semaine que, tous les matins, nous allions à l'hôpital pour le fameux suivi de grossesse. Pour celles d'entre vous qui sont passées par là, vous savez à quel point ces moments passés « clouée » sur un lit peuvent être d'un ennui mortel. Je ne remercierai jamais assez Guillaume Musso qui, au travers de ses livres, fût un fabuleux compagnon de « galère ». Bien sur je n'oublie pas non plus Chewy qui perdit toute sa monnaie dans un distributeur de friandise pour satisfaire les envies de snickers et autres barres chocolatée d'une femme enceinte que l'ennui (et la fringale) rendait encore plus casse pied qu'à l'accoutumée.

 

Pour celles qui n'aurait aucune idée de ce qu'est cette « torture » par l'ennui (ndlr le suivi de grossesse), je vais vous expliquer en quelques mots. Il s'agit d'une série d'examen que le personnel médical effectue chez une femme enceinte en dépassement de termes (date prévue d'accouchement). Cela consiste, entre autre, à surveiller le rythme cardiaque du bébé à l'aide d'un moniteur que l'on pose sur le ventre de la futur maman (d'où le fait d'être clouée au lit) et à veiller à ce que la quantité de liquide amniotique soit suffisante. Cet examen est censée durer une heure ou deux tout au plus, mais pour moi cela durait presque la journée entière.

 

En effet, le tracé du rythme cardiaque de Rosibulle présentait à chaque fois des anomalies, du coup il fallait tout recommencer. Je vous rassure, la louloute est en pleine forme, c'est simplement que, comme je m'endormais quasiment à chaque fois, elle aussi, donc son rythme cardiaque ralentissait. Et quand je ne dormais pas, le fait que sa maman soit allongée sans bouger devait lui sembler bizarre donc mademoiselle se tournait dans tout les sens ce qui rendait impossible l'écoute des battement de son cœur.

 

A J+6, on me propose un décollement de la membrane, ce qui a normalement pour but d’accélérer le schmilblik. « Comme vous êtes réticente à un déclenchement ça pourrait aider » me dit on. OK pour le décollement. Je dois vous avouer que je ne me suis pas posée la question, j'avais, quelques instant avant vu le sourire de ma fille sur l'écran et j'avais hâte de serrer mon bébé dans mes bras.

 

En quittant l’hôpital, je me souviens avoir voulu aller faire des emplettes au centre ville, histoire de m'acheter quelques bouquins et de profiter de mes bons de réductions du Body Shop. C'est en ronchonnant, comme d'habitude, que Chewy accepta :

 

«  Tu es sur le point d'accoucher et tu veux faire des emplettes ? T'es vraiment inconsciente, je te préviens...

 

- Oui je sais si je perds les eaux à la librairie, je me démerde ! Lui dis-je désinvolte, comme d'habitude. De toute façon, crevette (oui c'est ainsi que nous l'appelions) ne va pas venir maintenant, t'inquiète donc pas. »

 

Ma dernière soirée de femme sans enfant ?

 

La geek que je suis l'a passé devant son PC à discuter avec Cécile, une copine d'enfance, via Facebook. Je me souviens avoir été prise de maux de ventre et les lui avoir décrite.

« Tu vas voir tu vas être bonne pour partir à la mat' cette nuit qu'elle me dit ma copine, qui était déjà passer par là.

 

Si seulement...  

 

 

 

To be continued

 

 

J'ai décidé de vous raconter ça en plusieurs parties... pour le suspens :p 

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 23:10

redif du 31/08/11

Ma dernière soirée de femme sans enfant ? La geek que je suis l'a passé devant son PC à discuter avec Cécile, une copine d'enfance, via Facebook. Je me souviens avoir été prise de maux de ventre et les lui avoir décrite. «Tu vas voir tu vas être bonne pour partir à la mat' cette nuit qu'elle me dit ma copine, qui était déjà passer par là. Si seulement... 

 

Je passe une nuit affreuse : la chaleur, les maux de ventre et les gigotements de la crevette ont eu raison de mon sommeil. Et quand enfin j'arrivais à m’endormir, c'est Chewy qui, lui non plus n'arrivant pas à trouver le sommeil, me réveillait avec ses allées/retours chambre-cuisine, chambre-salon, chambre- je me promène dans l'appart'.

 

Le matin, après cette courte nuit, les douleurs ont disparu. Comme convenu avec l'intern (qui est un ami d'enfance à Chewy) rencontré la veille, nous appelons la maternité pour connaître la marche à suivre concernant la suite des événements.

On nous dit que le mieux c'est de venir, car étant donné que je suis à J+7 et que rien ne se passe, il faudra certainement déclencher.

 

L'idée ne m'enchante guère. Je fais tout pour retarder le départ pour l’hôpital, jouant à cette occasion avec les nerf du futur papa. Je lambine, prétextant avoir encore faim pour reprendre une Nième tartine, vérifiant 500 fois les valises et les papiers dont nous avions besoin pour l'admission.

 

Enfin c'est le départ. Sur le chemin j'envoie des textos, prévenant mes copines mais aussi mon frère et ma cousine (la future marraine) de la situation. Je

n'oublierais jamais les messages de soutiens que j'ai eu en retour. Ils arrivaient à point nommé, étant donné le stress que je ressentais.

 

Non pas que j'avais peur d'accoucher, de la douleur ou je ne sais quoi, mais toute les questions que je m'étais posée durant toute ma grossesse resurgirent, et faisaient l’effet d'une bombe dans mon esprit. Est ce que je vais être une bonne mère ? Vais je être à la hauteur ? Etc...

J'avais aussi peur du déclenchement, je ne savais pas vraiment ce qui m'attendait. L'angoisse de la césarienne ou d'un problème me rongeait. Et si je n'y arrivais pas ? Et si j'arrivais pas à mettre mon bébé au monde « normalement » ?

 

Voilà, nous sommes devant la porte. On sonne. C'est la sage femme qui m'accompagnera toute la journée qui vient nous ouvrir. « Elle a le sourire, c'est bon signe » je me dis.

Elle nous installe dans une chambre, me branche au moniteur et s'en va informer le gynéco de garde de notre arrivée afin de prendre les instructions.

Ce gynéco, je n'aurais l'occasion de le voir qu'une fois : en le croisant dans les couloirs, plus tard, quand je serais autorisée à quitter la chambre pour me dégourdir les jambes.

 

A son retour, la jeune femme nous dit qu'il va falloir déclencher l'accouchement. Et là, c'est le drame ! J'éclate en sanglot : je ne veux pas en entendre parler. Le stress et la fatigue accumulée n'aidant pas à me calmer, je mélange tout, craignant toujours cette césarienne que je veux à tout prix éviter.

 

La sage femme et Chewy essaient de me rassurer, m'expliquant qu'il n'est pas question de césarienne, qu'on va simplement m'administrer une gélule d'ocytocine afin d’accélérer le travail et d'aider le col (de l'utérus) à s'ouvrir. Mais rien y fait, je ne veux pas entendre raison.

Chewy s’énerve, craignant pour le bébé, et la sage femme, voyant que nous avions besoin de parler tout les deux, s’éclipse.

 

Une fois seuls, j’essaie tant bien que mal d'expliquer à mon homme, les raisons de mon refus. Lui de son côté me calme et me rassure, me disant que le mieux c'est d'expliquer à la sage femme le pourquoi du comment.

 

C'est donc ce que je fais à son retour.

 

La jeune femme se montre très compréhensive, me ré expliquant calmement les choses, et répétant que, oui il est toujours possible de ne rien faire, mais étant donner le dépassement de terme avancé, la santé du bébé peut être mis en jeu.

J'accepte donc.

 

Une fois m'avoir administrée cette foutue gélule, la sage femme s'en va en déclarant « maintenant ce n'est plus qu'une question de temps, d'ici ce soir vous aurez votre bébé dans les bras »

 

Tu parles Charles !

 

 

      To be continued

 

 

J'ai décidé de vous raconter ça en plusieurs parties... pour le suspens :p 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

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23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 07:55

redif du 28/07/2011         Bonne journée 

Par un jour de beau temps, je me promenais dans les rues de Strasbourg à la recherche de quelques sujets à photographier. 

 

Allez savoir ce que j'étais venue faire rue Kageneck, parce que franchement il n'y a rien de folichon à prendre en photos par là... Sauf que, ce jour là, il y avait un canard en panique -ou plus exactement une cane- au milieu de la route qui se donnait en spectacle pour les quelques badots égarés qui passaient par là. 

A grand renfort de "CoinCoin", elle faisait des allées et venues, tournant autour d'un immeuble et se reposait sur le bitume... 

Sauvetage2.jpg

 

Bientôt un attroupement de riverains et autres passants se forma, bloquant l'accès à la rue, et de ce fait, les klaxons des rares automobilistes résonnaient de concert avec les cancanements. 

C'est alors que l'un d'entre nous s'aperçut que Madame Canard se posait toujours au même endroit, sur le toit d'un des immeubles. En levant la tête, nous aperçûmes un nid avec des canetons qui était tout bonnement entrain de se casser la figure... 

 

On appela donc les pompiers, mais le temps qu'ils arrivèrent sur les lieux, les canetons commençaient à dégringoler un à un... Grâce à un jeune homme qui, comme il se rendait à la piscine, avait une serviette de bain, on réussit à sauver les premiers... 

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Enfin les pompiers arrivèrent avec leur grande nacelle 

 

Sauvetage.jpg

 

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Mais le plus difficile était à venir : il fallait attraper la cane paniquée devenue agressive... Ben oui, on avait touché à ses petits! 

Il y avait là un chantier , donc il fut aisé pour nos sauveteurs de trouver un moyen de la capturer. Ils entreprirent de fabriquer une cage de fortune avec les barrières métalliques... L'idée était trouvée et validée par l'ensemble de l'équipe, restait à attirer le palmidée dans le piège. 

Je crois que ce fut la partie la plus drôle de l'histoire... Il fallait voir nos brave soldat du feu courir après un canard cancanant et leur volant entre les jambes, donnant des coup de bec à celui qui s'en approchait de trop près. 

 

Sauvetage1.jpg

Une fois la mère ayant retrouvé ses petits, les pompiers embarquèrent toute la petite famille sous les applaudissement des badots ... Et c'est quelques 500 mêtres plus loin, dans l'Ill que Madame Canard retrouva la liberté et puis reprendre une vie normale avec toute sa couvée... 
Vive les pompiers qui répondent toujours présents, même pour se prendre des coups de becs! 
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